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STAGE F/H Réduire la perte de biodiversité par la communication en écologie scientifique #87564


Date de parution : 01-07-2022

Annonceur COLLECTIVITÉ EUROPÉENNE D'ALSACE
Contrat Stage
Secteur Biodiversité / Services écologiques
Localisation Bas-Rhin
Fonction(s) Études / Projets / Développement
Formation BAC+5

Contexte du recrutement et définition de poste :

Niveau

Césure ou fin d’études master/école ingénieur

Durée

Stage gratifié et conventionné de 6 mois entre septembre 2022 et aout 2023.

Structure d’accueil et lieu de stage

Collectivité européenne d’Alsace

Hôtel de la Collectivité européenne d’Alsace à Strasbourg, place du Quartier Blanc

Contact

03 68 33 84 48 / 06 07 62 33 63, mail : jonathan.jumeau@alsace.eu

 

Contexte scientifique

La Collectivité européenne d’Alsace pilote un programme de recherche en écologie routière nommé CERISE. Au-delà des études menées, sa philosophie est d’apporter des réponses concrètes aux interrogations récurrentes des aménageurs, des instructeurs, des conseils scientifiques, des bureaux d’études et plus largement des écologues travaillant autour des infrastructures linéaires de transport. Quelques exemples :

-              Les bassins d’orage recueillant les eaux de chaussées polluées sont pourtant largement colonisés par les amphibiens. Sont-ils alors des pièges/puits écologiques ou des sources ? En d’autres termes, doit-on en interdire l’accès ou le favoriser ? ;

-              Installer un passage à faune, c’est bien, mais comment s’assurer de son efficacité ? L’utilisation de pièges photographiques est une technique largement répandue pour cela mais combien de temps faut-il les laisser dans le passage à faune ? Et peuvent-ils vraiment détecter toutes les espèces ? Si non, comment faire ? ;

-              Installation des haies au bord d’une route, est-ce une bonne ou une mauvaise pratique ? D’un côté, la haie est un habitat d’espèce important à de nombreux cortèges, mais de l’autre, elle attire des individus à proximité des routes ce qui peut induire des collisions avec les véhicules...

Comme vous le voyez, ces questions illustrent une recherche très appliquée qui se focalise en partie sur la protection de la biodiversité autour des routes. Et cette biodiversité n’est pas anecdotique car depuis une décennie les chercheurs découvrent sa richesse et son importance, notamment dans les paysages très modifiés (spéciale dédicace aux mers de maïs à perte de vue dont la largeur des champs n’est délimitée que par des routes formant un réseau très dense). Et pour cause ! L’herbe des talus routiers est rarement fauchée, permettant un couvert végétal permanent durant les saisons de reproduction. Le réseau routier forme un maillage dense en France, permettant à de nombreuses espèces (dont des rares mais aussi malheureusement des invasives) de disperser sur de grandes distances en suivant les talus. Les pentes plus ou moins abruptes des bords de routes forment des ensembles hétérogènes où chaque espèce peut trouver son compte, de l’insecte pondant dans des parois nues au Blaireau d’Europe cherchant à éviter l’inondation de son terrier.

En s’intéressant à ces questions, le programme de recherche CERISE a aussi exploré des pans moins « écologie routière-centrés ». En effet, étant abrité au sein d’un aménageur routier, il a été naturel au programme d’être associé à diverses réflexions sur les études d’impacts. Par exemple :

-              Comment réaliser une étude d’impact la plus juste, ou plutôt la moins fausse possible ? À partir de quelques données d’inventaire obtenues sur 2-3 journées et sur une seule année, comment peut-on quantifier avec précision des impacts à des populations alors que pour réaliser le même exercice il faut une, voire parfois deux thèses successives à la recherche scientifique pour ne serait-ce que quantifier un état initial de conservation ? ;

-              Au sein de l’étude d’impact se pose aussi la question de la compensation. Pour un m² détruit, il est facile de calculer un ratio de compensation, par exemple 2:1 (l’aménageur devra compenser 2 m² pour chaque m² détruit). Mais comment compenser un impact fonctionnel ? Par exemple une perte de connectivité ? Une dégradation du fitness individuel ? Une augmentation du stress basal ?

Ces exemples peuvent bien sûr s’appliquer à tout projet, pas qu’uniquement routier. D’ailleurs, un des pans du programme de recherche est de réduire la perte de biodiversité en permettant une meilleure prise en compte de l’environnement dans les études d’impacts. Par exemple, il n’est pas normal qu’en 2022 des études d’impacts portant sur des autoroutes ne parlent pas de l’impact de la pollution sonore sur l’avifaune alors qu’il s’agit d’un impact violent, diminuant de 20 à 98 % les densités d’oiseaux jusqu’à 2 800 mètres de distance d’une autoroute. Cet impact est pourtant connu et disponible en article depuis… 1995. Le fossé entre connaissances scientifiques disponibles et réellement utilisées est immense. Le seul moyen de combler efficacement ce fossé en tenant compte des problématiques des différents acteurs de l’étude d’impact est la communication ciblée. Fournir à tous ces acteurs de manière « clef en main » les connaissances scientifiques disponibles dans les fameuses articles et revues scientifiques si difficiles à lire, à accéder, à comprendre… Synthétiser et restituer des milliers d’articles de manière pédagogique, avec des exemples qu’on retient, avec des réponses efficaces, avec des mots qui touchent.

Alors voilà, on entend souvent dire que pour aider la biodiversité, il faut creuser des mares, installer des hôtels à insectes, construire des pierriers et des nichoirs… Qu’il faut aussi éduquer et sensibiliser sans cesse pour que tous aient un regard plus aimable sur la Nature. Eh bien pour une fois, changeons notre angle de vue. Peut-être qu’avant de vouloir recréer et améliorer, il faudrait arrêter de détruire. Pour cela, il n’existe que peu d’approches possibles : politique, réglementaire et juridique. Nous proposons ici une nouvelle approche : la Science, la connaissance. Communiquer le savoir à tous pour que les choix effectués soient toujours pris en vraie connaissance de causes.

 

Travail attendu

Le stage sera idéalement réalisé en binôme (c’est toujours plus sympa). Trois missions principales sont attendues :

-              Participation à la réalisation de guides techniques (nommés « Savoir-faire et faire-savoir ») en écologie, allant de la définition des sujets, à la recherche des articles, à la rédaction et à la diffusion. L’enjeu de ces guides est important car ils seront lus par tous les Départements, Régions, DREAL, bureaux d’études de France… ;

-              Participation à la rédaction d’articles scientifiques (top pour les profils souhaitant par exemple poursuivre en thèse). Et oui, avant de vouloir communiquer au plus grand nombre, il faut d’abord faire valider les résultats via le processus de peer-reviewing des articles scientifiques. Le programme CERISE a accumulé plusieurs études qui attendent simplement une dernière plume achevant leur rédaction. Par exemple si vous êtes en fins d’études, il est possible de définir un sujet plus précis sur lequel faire votre mémoire et sur lequel vous aurez à participer aux analyses, rédactions, interprétations. Un beau sujet serait les variations pluriannuelles d’utilisation des passages à faune pour lequel nous avons 4 années continues de données sur 10 ouvrages ;

-              Participation à l’organisation de formations, de sensibilisation des agents de la collectivité aux questions environnementales.

En parallèle, comme le binôme sera intégré dans une équipe, il pourra participer à diverses missions plus appliquées :

-              Suivi du Crapaud vert (terrain de nuit en Avril/Mai) ;

-              Suivi des terriers de Blaireau d’Europe sur les talus routiers (plutôt en hiver pour les traces de patounes) ;

-              Suivi du creusement de mares et de plantation d’arbres… (plutôt à l’automne) ;

-              Suivi de compensation ;

-              Vérification de cavités d’arbres, comptage d’arbres alignés.

 

Cadre de travail et encadrement

Le/la stagiaire sera intégré(e) au sein de l’équipe environnement (la meilleure du monde) de la Direction des Routes, des Infrastructures et des Mobilités de la CeA, où il/elle côtoiera au quotidien les agents des services routiers, ce qui lui permettra non seulement de bien appréhender les spécificités de l’écologie de la route par rapport aux autres domaines de l’écologie, mais aussi d’être directement au contact des personnes ayant des besoins en environnement. L’étudiant(e) participera également à diverses autres missions afin d’élargir son spectre de connaissances. Plus précisement, il/elle sera encadrés(e) par le chef de projet environnement de la Direction qui les accompagnera au quotidien. En ce sens, l’étudiant ne sera pas laissé en roue-libre, il bénéficiera d’un vrai encadrement.

 

La notation IPHC de l’encadrant est la suivante (notation réalisée par les anciens étudiants encadrés) :

Dr. Jonathan JUMEAU, Chef de projet environnement. Tél : 03 68 33 84 48

Nombre d’étudiants encadrés : 61

Nombre d’étudiants notés : 30

Nombre d’étudiants ayant noté l’encadrant : 14

Note moyenne des étudiants au rapport/soutenance : 14.9

Note du dernier stage en relation avec ce sujet : 17

Contact du dernier étudiant encadré en relation avec ce sujet : Mathilde DELEAUX mathilde.deleaux@alsace.eu

Temps pour relire un manuscrit/rapport : Bon

Participation à l'établissement des protocoles : Très bon

Aide dans l'analyse/l'interprétation des données : Très bon

Statistiques : Très bon

Participation effective dans la rédaction des manuscrits : Très bon

Temps pour répondre aux questionnements/mails de l'étudiant : Très bon

Clarté des explications : Très bon

Connaissances pratiques apportées à l'étudiant : Très bon

Connaissances théoriques apportées à l'étudiant : Bon

Sociabilité (ou facilité d'abord, amabilité, accessibilité) : Très bon

 

Durant la durée de stage, des formations seront dispensées sur les procédures environnementales, les biostatistiques, l’écologie générale ou tout autre sujet que l’étudiant souhaiterait aborder.

Profil recherché :

Connaissances en écologie du paysage, de la route, biologie de la conservation, sciences naturalistes, communication, intérêt pour la vulgarisation scientifique... sont des plus.

Le minimum demandé est d’être à l’aise avec la lecture d’articles et l’écriture, au moins en français.